mardi 27 février 2007

Projets et participation se rencontrent à Tours

Samedi dernier, le 24, les entrepreneurs de débats publics mettaient leur savoir-faire au service d’une journée « Place Publique Junior, en avant-première ».

C’est un collectif d’associations de jeunesse et d’éducation populaire qui organisait l'événement. PPJ est un mouvement national qui a pour vocation de permettre la participation des jeunes : par des projets (rencontre entre différents porteurs de projets), et une implication dans la vie politique (dialogue avec des élus).

Une déclinaison régionale, ou “ démultiplication”, est en cours. A ce titre, un appel a été lancé, pour trouver des associations référentes. En région Centre, ce sont les Petits Débrouillards qui se sont portés volontaires. (L’occasion de remercier Guillaume, Amandine, Amélie, Eric, Djé, Laurent, Antoine et leurs nombreux collègues … parmi eux certains qui ont participé au dernier Forum Social Mondial au Kenya, un petit tour sur leur blog vous permettra d'en savoir plus ;-)

MP était chargée d'animer deux débats. Mais au-delà de la simple prise en charge d’un temps de débat, il s’agissait aussi de présenter des formules originales pour que les participants trouvent des moyens d’aller à la rencontre d’autres jeunes.
En effet, si cette première journée se déroulait dans un lieu fermé, les jeunes ont fait remarquer que dans PPJ, il y a “publique”. Pour eux, il y a un désir fort d’aller à la rencontre des autres et c’est sûrement là que MP peut les aider.

Que dire de plus, sinon que le débat de position (fiche explicative à télécharger) fut tonique, malgré l’acoustique “cathédrale” de la salle de l’hôtel de ville de Tours . Des jeunes qui s’expriment, et ça fait du bien… la participation d’une élue : Cécile Jonathan adjointe à la jeunesse de la ville de Tours… et la présence du premier adjoint au maire, Jean-Patrick Gille : signe de leur intérêt pour la participation des jeunes.

Pour MP, le challenge était de faire ressortir des arguments réellement convaincant, et pour provoquer des positionnements “POUR” ou “CONTRE”, rien de tel que des affirmations sans langue de bois : « La parole des jeunes compte pour du beurre » ou « Les rencontres PPJ, c’est du flan ».



S’investir régulierement pour organiser un grand rendez-vous régional ? La balle est maintenant dans le camp des premiers concernés. Ces jeunes qui venaient d’un peu partout pour évoquer leurs projets : jeux de rôle, musique, émission de radio, séjour en Angleterre, film d’animation, voyage et action internationale…

Enfin, citons l’initiative du groupe de Blois, qui avait participé à PPJ national et en faisait part, à travers un film… Ils ont envoyé tellement d’énergie (stand, film, groupe de rap…) toute la journée qu’on est sûr de les recroiser plus tard. A bientôt, les “bouge-la-place” !




mardi 20 février 2007

De l’animation “classique” à l’animation de débats dans la rue

Nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises, ce que nous faisons, c’est bien de l’animation . Nous « mettons en vie » des situations et des espaces-temps. Nos méthodes d’intervention sont donc liées à des techniques d’animations. Allons un peu plus loin dans la description.


Nous intégrons ainsi l’aménagement de l’espace à nos pratiques. L’objectif est de provoquer un certain type de réaction chez le public : on parle de comportement attendu. Avec les enfants, installer des coussins et mettre une musique douce va faciliter un temps de repos… alors qu’en ayant le même objectif dans une salle pleine de jeux, vous devrez faire preuve d’autorité, sans garantie toutefois d’atteindre votre but !

Cette réflexion autour de l’aménagement de l’espace, est transposée avec un public plus varié, dans la rue. Par exemple, on s’est aperçu que les aménagements en position assise étaient rejetés par les passants (ils fuient le dispositif, par peur de ne pas pouvoir s’en aller quand ils le désirent). Nous organisons donc les choses de manière à laisser la liberté de partir à tout moment. Par contre, les personnes qui souhaitent de l’information sur l’association, c'est-à-dire aller plus loin que le dispositif, sont prêtes à “courir ce risque” ; nous avons donc bricolé un bar, avec des tabourets, pour satisfaire ce besoin.

De manière plus générale, nous avons une attention constante à la circulation dans l’espace, et nous adaptons à la situation, parfois même en cours d’intervention. Aussi, qu’il s’agisse d’une place, d’une rue, d’un lieu clos… nous n’installons jamais deux fois le même dispositif.

On s’en rend compte sur les images suivantes le plan d’installation d’un Porteur de Paroles n’est pas le même lorsqu’on intervient sur la place centrale de Tours (Jean Jaurès)… et au cœur du forum des Halles, à Paris, sur la place Carrée :

















L’établissement de ces plans suppose un repérage, une discussion avec les commerçants (qui “pratiquent” régulièrement l’espace), le choix d’une solution de repli… Repérage, discussion avec les habitants, solution de repli : exactement de la même manière que pour préparer une sortie pour un groupe de jeunes.

mercredi 14 février 2007

Echo sensible

Ci-dessous le ressenti de Jérôme, en ce qui concerne la journée partagée avec les jeunes du CFA :


Ce que je garde à l’esprit dans ce vécu, ce n’est pas la question, ni même les réponses, ni même les passants, ce sont les jeunes eux-mêmes.

Ce sont eux qui vivent l’expérience la plus forte, le saut dans le vide de la rencontre des inconnus, la satisfaction de s’affranchir de cette peur et la satisfaction d’un résultat qui dépasse les prévisions pessimistes et le scepticisme de départ ; ce sont eux qui vivent un moment unique, une transgression des habitudes sociales, la claque de rencontrer des gens avec qui on est heureux de parler alors que rien n’aurait du les amener à vivre ces rencontres.


Le simple fait de voir -dans mon groupe- ces trois jeunes filles avec l'envie d’y aller, de sentir une joie simple et une manière directe, pas torturée d’aller au contact, c’est quelque chose que je retrouve plus difficilement chez les adultes.

La capacité de philosopher n’est pas si éloignée de la capacité de se rebeller et les adultes ont moins cette aptitude je trouve. Comme s’ils avaient accepté le monde du travail, celui de l’argent et des rapports de forces, une certaine âpreté et dureté de la vie qui rend méfiant.






Eux sont dans l’entre-deux monde et je ne saurai décrire bien d’où vient cette sensation ; c’est plus une sorte d’écho sensible avec une époque qu’ils m’ont rappelée. Le regard décidé de ces jeunes filles dans la première demi-heure de l’enquête, leurs inquiétudes comme leur satisfaction a fait écho – je crois bien que c’est dans leur regard, dans leur visage que se loge cette sensation – à une manière d’être au monde beaucoup plus directe, brute…Un temps où les émotions sont plus exacerbées.


jeudi 8 février 2007

Apprentis… Porteurs de paroles



Le jeu de mots était trop simple, mais c’est bien avec de jeunes gens en formation d’apprentissage au CFA de Fondettes que nous avons mené notre dernier Porteur de paroles (= PDP).

Dans le cadre d’un projet d’utilité social qui fait partie de leur cursus, un groupe de jeunes a souhaité vivre l’expérience de la rencontre fortuite lors d’un PDP.

Voici une brève présentation des étapes qui structurent l'accompagnement d'un groupe qui s'initie au PDP:

- Dans un premier temps, plusieurs rencontres préparatoires sont nécessaires : de la présentation des actions de MP, à la définition des rôles de chacun, en passant par le choix du thème et de la question.

A ce propos, les jeunes auraient souhaité un questionnement plus polémique. Leur choix initial a été soumis à la responsable de l’établissement qui a refusé. Les jeunes étaient déçu mais ils ont compris, une activité scolaire peut difficilement être le prétexte à aborder des sujets trop politiques… cela sera peut-être le moteur d’un engagement futur dans l’association, et cette fois sans contraintes.

- ensuite, la réalisation, le jour “J”. En bénéficiant de l’accompagnement des animateurs de Matières Prises, ils se sont jetés à l’eau… expérience difficile au début mais gratifiante par la suite.

- enfin l’après-intervention car il est nécessaire de faire part de son ressenti, s’exprimer sur les obstacles rencontrés, sur les rencontres, les échanges… Ce retour (techniquement, on parle de débriefing) se déroule à chaud, juste après le moment dans la rue. Il permet d’expulser les choses désagréables, qu’il est difficile de garder pour soi. On aborde aussi souvent la frustration, les limites d’un dispositif éphémère… alors que les passants nous en redemandent.

Une deuxième phase de retour a lieu quelques temps après. Il sert à évoquer l’intervention dans son ensemble avec un peu de recul. C’est l’occasion pour MP d’améliorer ses futurs partenariats.

lundi 5 février 2007

Posez nous vos questions…

La démarche est originale, l’idée est bonne mais des fois “on comprend pas tout” ! Et oui, comme toute initiative qui émerge, les activités de Matières Prises posent questions. Pour certaines interrogations, nous avons des réponses, et nous vous les donnerons avec plaisir.

N’hésitez pas à laisser un commentaire, en cliquant dans la barre présente sous chaque billet :

C’est ce qu’à fait un lecteur, à propos du billet intitulé « C’est un peu comme un travail de journaliste ».

Pour la plupart des difficultés on essaie d’anticiper mais parfois ça nous arrive dessus par surprise… Mais peut-être que vous avez des pistes à nous donner, ou que vos questions apporteront de l’eau au moulin. De notre côté on n’a pas forcément toutes les réponses, on cherche…

jeudi 1 février 2007

Echanges sur le front de mer




Ce sont plusieurs lycéennes, habitantes de Royan, que Matières Prises accompagnaient le 30 décembre dernier. A l’origine, ces jeunes personnes souhaitaient interroger les passants, aller à la rencontre d’un public qu’elles croisent régulièrement, sans qu’il soit simple de franchir le pas et d’échanger...

Dans ce cas, le Porteur de paroles rend la rencontre possible… et plus qu’un prétexte, cette technique permet d’aborder des questions simples, pour des prises de parole qui se développent dans toutes les directions : qualité de vie, casino, le Royan d’avant, la saison estivale… jusqu’à des débats virulents entre mamies…

Si l’expérience vous tente, que ce soit dans un cadre scolaire ou extra scolaire, MP peut vous accompagner sur la réalisation d’un premier dispositif, n’hésitez pas à nous contacter…

Matières Prises : matieres.prises[at]laposte.net / 02.47.27.82.67