dimanche 10 juin 2007

De l’utilité et des limites de nos actions

Samedi 12 mai, avec des éducateurs de rue dans le 17ème arrondissement (Porte d’Asnières) , nous faisons un porteur de paroles avec la question « Que pensez-vous de votre quartier ? »

C’est une question simple mais difficille à gérer, si'l on veut éviter des listes de plaintes sur le caca des chiens et les jeunes qui ne respectent rien. Un enjeu devient donc vite clair : dépasser les doléances pour sonder les passants sur leurs propositions, idées et alternatives pour leur quartier.

Au détour d’un échange, une dame confie : « Avant, dans l’immeuble, il y avait bien Mme Dufar ; elle gérait tout dans l’immeuble, elle connaissait tout le monde, allait voir les parents, montait les courses aux anciens, faisait s’expliquer les voisins fachés. Maintenant qu’elle est malade, ce n’est plus comme avant… »

Il faudrait peut-être cloner les Mme Dufar ou réfléchir à la fonction du concierge, qui pourrait un jour devenir un animateur- médiateur ou, comme le suggérait un monsieur, avoir des vrais gardiens de la paix, des policiers qui feraient autre chose que sévir…

Porte d’asnières, ça discutait sec.

On attrape ainsi, sans avoir besoin de pousser les gens, des histoires, des remarques qui poussent notre réflexion sur les petites et grandes inventions à garder sous le coude pour peut-être un jour les défendre, les tester, les revendiquer.

Les porteurs de paroles sont prétexte à ré-flexion, une manière d’enquête en vue d’imaginer des suites possibles face aux soucis ordinaires.

Pourtant, malgré tout l'intérêt que nous trouvons à cette démarche, puisque nous intervenons ponctuellement, une question se pose et s’impose régulièrement, formulée ici par un habitant :

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