mercredi 14 février 2007

Echo sensible

Ci-dessous le ressenti de Jérôme, en ce qui concerne la journée partagée avec les jeunes du CFA :


Ce que je garde à l’esprit dans ce vécu, ce n’est pas la question, ni même les réponses, ni même les passants, ce sont les jeunes eux-mêmes.

Ce sont eux qui vivent l’expérience la plus forte, le saut dans le vide de la rencontre des inconnus, la satisfaction de s’affranchir de cette peur et la satisfaction d’un résultat qui dépasse les prévisions pessimistes et le scepticisme de départ ; ce sont eux qui vivent un moment unique, une transgression des habitudes sociales, la claque de rencontrer des gens avec qui on est heureux de parler alors que rien n’aurait du les amener à vivre ces rencontres.


Le simple fait de voir -dans mon groupe- ces trois jeunes filles avec l'envie d’y aller, de sentir une joie simple et une manière directe, pas torturée d’aller au contact, c’est quelque chose que je retrouve plus difficilement chez les adultes.

La capacité de philosopher n’est pas si éloignée de la capacité de se rebeller et les adultes ont moins cette aptitude je trouve. Comme s’ils avaient accepté le monde du travail, celui de l’argent et des rapports de forces, une certaine âpreté et dureté de la vie qui rend méfiant.






Eux sont dans l’entre-deux monde et je ne saurai décrire bien d’où vient cette sensation ; c’est plus une sorte d’écho sensible avec une époque qu’ils m’ont rappelée. Le regard décidé de ces jeunes filles dans la première demi-heure de l’enquête, leurs inquiétudes comme leur satisfaction a fait écho – je crois bien que c’est dans leur regard, dans leur visage que se loge cette sensation – à une manière d’être au monde beaucoup plus directe, brute…Un temps où les émotions sont plus exacerbées.


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